Le consortium composé de l’association Jade Pour la Vie, Espoir Vie-Togo (EVT) et Action Santé pour Tous (AST) a présenté à Djagblé les résultats de la première phase du programme AGIR MAN I. Les acteurs qui se sont réunis du mardi 25 au jeudi 27 novembre 2025, ont salué les progrès significatifs mais ont également identifié trois défis essentiels à corriger pour renforcer l’impact du programme lors de sa seconde phase.
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Cette rencontre vise à apprécier les progrès réalisés après 15 mois de mise en œuvre d’un projet qui ambitionne de réduire la pression sur les femmes vivant avec le VIH (FVVIH) en renforçant l’implication de leurs conjoints et de l’environnement familial dans le dépistage et le suivi médical.
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Initiée dans six communes du Grand Lomé, cette phase pilote répond au constat selon lequel les femmes sont nettement plus nombreuses que les hommes dans les files actives de prise en charge du VIH. Une situation jugée préoccupante par les organisations partenaires puisqu’elle ne correspond pas à la structure démographique du pays.
Un programme né d’une inégalité persistante
Selon Laboé Pakéyendou, coordonnateur du programme et directeur exécutif de Jade Pour la Vie, le constat initial était sans appel.

« Sur 100 personnes suivies, 70 étaient des femmes et seulement 30 des hommes. Pourtant, la population togolaise est composée d’environ 52 % de femmes et 48 % d’hommes. Nous avons cherché à comprendre et nous avons découvert que beaucoup d’hommes ont des préjugés et hésitent à intégrer le circuit de prise en charge. Le programme AGIR MAN I a été conçu pour corriger cela », a précisé Laboé Pakéyendou, coordonnateur du programme.
Le projet s’inscrit dans l’axe stratégique 3 du Plan national de lutte contre le sida, qui vise à rattraper les hommes séropositifs non suivis et les intégrer dans les traitements antirétroviraux (ARV). Une démarche qui place l’implication masculine au centre de la réussite du traitement des femmes concernées.
Quinze mois de mise en œuvre passés au crible
Les travaux de Djagblé ont permis de présenter les résultats obtenus, les défis rencontrés et les orientations pour la seconde phase prévue d’août 2025 à avril 2027. Sur une quinzaine d’indicateurs, douze sont jugés satisfaisants, tandis que trois restent au rouge, notamment ceux liés au dépistage des conjoints des femmes séropositives ; à leur accompagnement dans les soins ; à leur connaissance de leur statut sérologique.

« Nous avons planifié le dépistage de 156 conjoints. À ce jour, 136 ont été dépistés, dont 58 positifs. Il reste encore du chemin à parcourir pour atteindre les objectifs fixés, surtout sur les indicateurs liés à la participation masculine », explique Laboé Pakéyendou.
Des changements visibles au niveau des ONG partenaires
Pour Dr Éphrem Mensah, directeur exécutif d’Espoir Vie Togo, l’impact du programme est déjà perceptible dans les files actives de son organisation.
« Avant AGIR MAN I, nos files actives comptaient plus de 70 % de femmes et moins de 30 % d’hommes. Aujourd’hui, grâce au programme, nous atteignons près de 40 % d’hommes enrôlés. Les hommes contaminés viennent davantage aux soins, se font dépister et accompagnent mieux leurs partenaires. C’est un changement majeur », a précisé Dr Éphrem Mensah.
Le directeur exécutif de l’ONG Espoir Vie Togo a tenu à saluer l’appui des autorités locales.
« Nous remercions particulièrement les municipalités du Golfe 5 et du Golfe 1, qui ont facilité nos activités communautaires. Leur soutien a été décisif », a-t-il souligné.
Un message fort aux hommes encore réticents
Dr Mensah invite les hommes togolais à surmonter les préjugés et à franchir le pas.
« En matière de VIH, rien n’est écrit sur le front de quelqu’un. Le seul moyen de savoir est d’aller se faire dépister. J’encourage les hommes qui se cachent derrière la santé apparente de leurs partenaires à venir au centre, à se faire tester et à accompagner leurs femmes pour améliorer leur qualité de vie », a laissé entendre Dr Éphrem Mensah, directeur exécutif de l’ONG Espoir Vie-Togo.
Vers une phase 2 plus ambitieuse
La revue a permis de dégager des approches correctrices pour renforcer les résultats : intensification de la sensibilisation communautaire, collaboration accrue avec les leaders locaux, stratégies adaptées aux réalités socioculturelles et amélioration du suivi-évaluation.
Les résultats attendus et les indicateurs de la deuxième phase ont été partagés avec l’ensemble des acteurs. Si les acquis sont consolidés, le programme pourrait être étendu à d’autres zones du pays afin d’accélérer la réponse nationale contre le VIH.
À travers cette revue, les partenaires réaffirment leur engagement à améliorer la prise en charge des personnes vivant avec le VIH, en plaçant l’homme au cœur de la dynamique de soutien aux femmes séropositives.
Marc Le Sucré (+22892196799)



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