La réforme suscite déjà de nombreux débats. Adoptée à l’unanimité par l’Assemblée nationale le 28 janvier 2026, une nouvelle loi met fin à la notion de « devoir conjugal » en France. Le texte clarifie que le mariage ne saurait être interprété comme un consentement sexuel permanent et interdit toute sanction juridique fondée sur l’absence de relations sexuelles.
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Cette décision, saluée par les défenseurs des droits humains, vise à renforcer la protection du consentement et de l’autonomie sexuelle au sein du couple marié. Un changement juridique majeur qui bouscule les conceptions traditionnelles du couple et relance la réflexion sur le consentement.
Une clarification attendue du Code civil
Au cœur de cette réforme figure une modification de l’article 215 du Code civil français. Le texte précise désormais que la « communauté de vie » entre époux n’implique aucune obligation d’entretenir des relations sexuelles.
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Selon les initiateurs de la loi, cette clarification était nécessaire pour lever toute ambiguïté juridique héritée d’une conception ancienne du mariage, parfois interprétée comme un consentement sexuel permanent. Une lecture désormais jugée incompatible avec les principes fondamentaux des droits humains.
Le refus de relations sexuelles ne peut plus justifier un divorce pour faute
Autre changement majeur introduit par la loi, c’est la fin du divorce pour faute fondée sur l’absence ou le refus de relations sexuelles. Jusqu’ici, certains tribunaux pouvaient considérer l’absence de rapports intimes comme une violation des « devoirs du mariage ». Désormais, les juges ne pourront plus invoquer cet argument pour prononcer un divorce aux torts exclusifs d’un conjoint.
Pour les associations féministes et les organisations de défense des droits civils, cette mesure constitue une avancée importante dans la lutte contre les violences sexuelles conjugales.
Une réponse directe à une condamnation européenne
Ce vote intervient dans un contexte particulier. Début 2025, la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) avait condamné la France, estimant que son droit interne ne protégeait pas suffisamment l’autonomie sexuelle des personnes mariées.
La Cour avait notamment rappelé que le mariage ne saurait en aucun cas supprimer le droit fondamental au consentement libre et éclairé, y compris au sein du couple.
Un débat qui dépasse les frontières françaises
Si cette réforme concerne directement la France, elle relance aussi le débat dans de nombreux pays, notamment en Afrique, où la notion de devoir conjugal reste encore fortement ancrée dans les mentalités, les traditions et parfois même dans les pratiques judiciaires.
Dans de nombreuses cultures, notamment africaines, le mariage demeure indissociable d’une vie intime partagée. Pour plusieurs analystes, la réforme française reflète une vision occidentale individualiste du couple, difficilement transposable à des sociétés où le mariage reste un pilier communautaire et social.
À en croire, ses défenseurs des valeurs africaines, cette réforme fragilise l’essence même du mariage, traditionnellement fondé sur un engagement moral, affectif et charnel. En dissociant totalement la vie conjugale de l’intimité sexuelle, la loi pourrait accentuer les incompréhensions au sein des couples et banaliser une institution déjà mise à rude épreuve.
Du côté des milieux religieux, la loi suscite de vives interrogations. Certains responsables estiment qu’en niant toute dimension charnelle obligatoire du mariage, le législateur s’éloigne des fondements bibliques et spirituels qui font de l’union conjugale un engagement total, du corps comme de l’âme.
D’autres voix mettent en garde contre un possible glissement du droit. En supprimant toute référence à l’intimité conjugale, la loi pourrait ouvrir la voie à une redéfinition progressive du mariage, réduite à une simple cohabitation légale, vidée de ses obligations réciproques traditionnelles.
Entre avancée des droits individuels et remise en question des repères traditionnels, la suppression du devoir conjugal divise. Une chose est sûre : loin de clore le débat, cette réforme relance une réflexion profonde sur le sens du mariage dans les sociétés contemporaines.
Marc Yaovi Essowè GNAZOU (+22896141648)

