A la une

Crise à Pyramide FM : Ces journalistes licenciés pour avoir réclamé de meilleures conditions

Partager

À la radio Pyramide FM, la revendication de meilleures conditions de travail s’est soldée par un licenciement collectif. Cinq journalistes titulaires ont été remerciés avec effet immédiat, une décision aux lourdes conséquences humaines et professionnelles.

ABONNEZ-VOUS À NOTRE CHAÎNE WHATSAPP POUR RECEVOIR NOS ARTICLES

Selon nos confrères du site Alerte24, qui a pu consulter les courriers individuels signés par le premier responsable de la radio, M. Wona Germain, le motif du licenciement est une « faute grave ». Les journalistes concernés sont David Cudjoe Amekudzi, David Assimadi, Richard Aziague, Maruis Attor et Jean-Jacques Snoby Attikpo, tous des professionnels en activité régulière au sein de la station.

Une revendication sociale qui tourne au bras de fer

À l’origine de cette rupture brutale, une démarche collective des journalistes auprès de la direction générale du groupe Pyramide. Ces derniers réclamaient une amélioration de leurs conditions de travail, jugées précaires et peu compatibles avec les exigences du métier de journaliste.

A LIRE AUSSI : Togo Médias Awards acte 2 : LENEUTRE primé Meilleur Journal en Ligne

Dans un courrier adressé à la direction, ils dénonçaient notamment la suppression des crédits de communication, indispensables pour contacter les sources et produire des contenus journalistiques de qualité. Ils faisaient également état de difficultés matérielles persistantes, entravant l’enregistrement d’émissions et la production des journaux.

Sur le plan social, les griefs étaient tout aussi préoccupants. Absence de déclaration à la caisse de sécurité sociale, inexistence d’assurance maladie et non-respect des congés, malgré leur statut de travailleurs permanents.

Dialogue rompu, confiance brisée

Faute de réponse à ce premier courrier, les journalistes ont déposé un préavis de grève. Une initiative qui a conduit la direction à dépêcher un émissaire pour tenter d’éviter l’arrêt de travail. Dans un esprit de compromis, les journalistes ont accepté de reporter la grève, privilégiant la voie du dialogue.

Une rencontre avec le PDG s’est ensuite tenue. Mais selon les témoignages recueillis, l’échange n’a pas permis d’aborder le fond des revendications.

« Le PDG nous reçoit pour qu’on discute. Mais au lieu de voir le fond de nos revendications, il se contente de s’intéresser à la forme de nos lettres : les tournures, les verbes, les phrases, etc. Hier, le 7 janvier, nous avons envoyé un autre courrier pour le remercier de la rencontre. Puis, ce midi, il nous a envoyé une lettre de licenciement avec effet immédiat, avec comme motif une faute grave », a confié l’un des journalistes concernés à nos confrères du site Alerte24.

La position de la direction

Dans les courriers de licenciement, la direction reproche aux journalistes une action revendicative jugée irrégulière, un non-respect de la procédure légale de grève, un défaut d’exécution des missions, ainsi qu’un manquement à l’obligation de loyauté. Des faits que la direction estime suffisamment graves pour justifier une rupture immédiate des contrats.

« Ces agissements constituent un manquement grave à vos obligations de loyauté, de respect et de diligence, ainsi qu’une atteinte directe aux intérêts de l’employeur et du groupe Média Pyramide », signifie la lettre de licenciement adressée à l’un des concernés.

Des conséquences lourdes pour les familles et pour la radio

Au-delà du débat juridique et administratif, cette décision a des conséquences humaines importantes. Ces journalistes, déjà confrontés à la précarité du secteur des médias, se retrouvent sans emploi du jour au lendemain, exposant leurs familles à une situation économique difficile, voire critique.

Pour Pyramide FM elle-même, l’impact pourrait être durable. La perte simultanée de cinq journalistes titulaires risque d’affaiblir la rédaction, de désorganiser la production des contenus et de porter atteinte à la crédibilité et à la stabilité d’un média qui s’est imposé au fil des années dans le paysage radiophonique togolais.

Dans un contexte où les médias privés font face à de nombreux défis économiques et professionnels, cette crise pose une nouvelle fois la question du respect des droits des journalistes, du dialogue social dans les entreprises de presse et de la pérennité des organes de presse indépendants.

La rédaction

Marc GNAZOU

Recent Posts

Polémique autour d’un jet privé : Himra clarifie les conditions de son arrivée à Lomé

Le passage du rappeur ivoirien Himra au Stade omnisports de Lomé, le samedi 4 avril,…

1 jour ago

Inondations au Togo : un enfant emporté par les fortes pluies à Lomé

De violentes pluies se sont abattues sur Lomé ces derniers jours, causant d’importants dégâts matériels…

3 jours ago

Michel Glory Samuel TAKPAH : « L’Afrique paie le prix d’une guerre qui n’est pas la sienne »

Entre flambée des prix du pétrole et fragilité des économies, la crise entre Iran et…

3 jours ago

Première session 2026 : le Sénat togolais affiche ses priorités

Le Sénat togolais a ouvert, ce jeudi 02 avril 2026, sa première session ordinaire de…

4 jours ago

Un dernier hommage à Pascal Edoh Agbove entre Lomé et Tsévié : le programme des obsèques dévoilé

Entre Lomé et Tsévié, plusieurs cérémonies sont prévues pour accompagner Pascal Edoh Agbove à sa…

5 jours ago

Ghana Card : une carte d’identité qui peut payer les factures

Grâce à la Ghana Card, les citoyens ghanéens peuvent désormais payer, retirer et envoyer de…

5 jours ago