Le décès d’un patient admis aux urgences chirurgicales du CHU Sylvanus Olympio continue de susciter émotion et interrogations. Dans un communiqué rendu public ce 25 mars 2026, le Syndicat National des Praticiens Hospitaliers du Togo (SYNPHOT) apporte sa version des faits et appelle à faire toute la lumière sur ce drame.
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Selon le SYNPHOT, le nommé E. K., victime d’un accident de la voie publique, a été admis « dans un état critique avec un mauvais pronostic vital nécessitant une prise en charge urgente et multidisciplinaire ». Le syndicat précise que le patient a été reçu aux urgences à 9h50 dans « un tableau de polytraumatisé grave avec tension, pouls imprenables ».
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Face aux accusations de négligence relayées dans certains médias et sur les réseaux sociaux, le bureau exécutif national du SYNPHOT indique avoir mené des investigations internes « par devoir de transparence ». Il ressort de ces vérifications que, malgré l’indigence du patient dont l’accompagnant ne disposait que de 3 500 FCFA, « l’équipe des urgences a fait le nécessaire pour soigner le blessé en demandant et en collectant les produits auprès d’autres patients du service ».
Malheureusement, en dépit de cet élan de solidarité, « Monsieur E. K. a rendu l’âme […] soit moins de 20 minutes après son admission », souligne le communiqué.
Dans un ton ferme, le SYNPHOT rejette les accusations de négligence qu’il qualifie de « graves » et appelle à « procéder à un audit du décès, depuis les lieux de l’accident jusqu’aux urgences chirurgicales ». Le syndicat invite également le ministère de la Santé à « lancer une enquête dans les meilleurs délais pour situer les responsabilités » et demande au procureur de la République de s’autosaisir.
Au-delà de ce cas, le SYNPHOT met en lumière les défaillances structurelles du système sanitaire togolais. Le communiqué rappelle notamment « l’absence de mécanisme de prise en charge préhospitalière des traumatisés de la voie publique », un dispositif pourtant crucial pour assurer un transport médicalisé et une prise en charge rapide des victimes.
Le syndicat dénonce également l’absence d’un système automatique de gestion des urgences dans les hôpitaux publics, ainsi que l’insuffisance de ressources : « les moyens médicamenteux pour une stabilisation rapide […] ne sont pas disponibles aux urgences. Tout est acheté par le patient », déplore-t-il.
Pour remédier à ces dysfonctionnements, le SYNPHOT propose plusieurs solutions, dont la mise en place d’un mécanisme automatique de gestion des urgences vitales et l’opérationnalisation du Fonds de garantie automobile, destiné à couvrir les premiers soins des victimes d’accidents.
Dans la foulée, le syndicat appelle le personnel soignant à « la solidarité, à la mobilisation […] et à plus de vigilance et de professionnalisme », tout en réaffirmant son engagement à coopérer pour « faire la lumière sur cet événement malheureux ».
En attendant les résultats d’une éventuelle enquête, ce drame relance le débat sur l’accès aux soins d’urgence au Togo, où la question des moyens et de l’organisation du système de santé reste plus que jamais au cœur des préoccupations.
La rédaction

