Édito : Un trophée en jeu, une crédibilité en chute

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Le 18 janvier 2026, le Sénégal a écrit une nouvelle page de son histoire en remportant son deuxième titre de Champion d’Afrique, triomphant face au Maroc lors d’une finale de la CAN 2025. Mais ce moment de gloire a été rapidement terni par une controverse qui illustre les failles profondes du football africain. Un but refusé et un penalty contesté ont plongé la rencontre dans le chaos, provoquant une réaction forte du sélectionneur sénégalais, Pape Bouna Tiaw, qui a ordonné à ses joueurs de quitter le terrain.

Cette décision, certes radicale, traduisait l’exaspération face à un arbitrage jugé injuste. L’intervention de Claude Le Roy et l’appel de Sadio Mané ont permis de reprendre le match, mais le penalty a été manqué par Brahim Diaz. En prolongations, Pape Gueye a délivré le Sénégal, offrant un sacre mérité aux Lions de la Téranga.

Pourtant, deux mois plus tard, la CAF a choisi de retirer ce titre au Sénégal et de l’attribuer au Maroc, invoquant des articles de règlement. Une décision qui a choqué, indigné et révélé une fois de plus l’injustice institutionnelle qui gangrène le football africain. Loin d’être une sanction sportive, ce retrait apparaît comme une manœuvre politique, alimentée par des pressions extérieures.

Le 28 mars, lors du match amical contre le Pérou au Stade de France, le Sénégal a bravé cette décision en présentant le trophée de la CAN 2025. Malgré les menaces de la FRMF et les tentatives d’interdiction, cette présentation a été un acte de résistance, une affirmation claire : le Sénégal est champion et refuse de se soumettre à une injustice.

Sur le terrain, les Lions ont confirmé leur force en s’imposant 2-0 grâce à Nicolas Jackson et Ismaïla Sarr. Une victoire qui démontre que, malgré les polémiques, l’équipe reste solide et ambitieuse. Mais les rumeurs de sanctions continuent de circuler, menaçant de ternir l’image du Sénégal. Édouard Mendy a dénoncé la lenteur et l’inefficacité des instances africaines, tandis que Kalidou Koulibaly a rappelé avec force que le Sénégal est et restera champion d’Afrique.

Cette polémique révèle une vérité dérangeante : le football africain est trop souvent pris en otage par des règlements appliqués de manière sélective et par des intérêts politiques. La vraie bataille ne se joue pas seulement sur le terrain, mais dans les bureaux des instances. Tant que la CAF ne sera pas réformée en profondeur, les joueurs et les supporters continueront de subir des injustices qui étouffent la passion du jeu.

Le Sénégal, par sa résistance, incarne aujourd’hui la lutte contre ces dérives. Et si la tempête du football africain doit un jour s’apaiser, ce sera grâce à ceux qui refusent de plier face à l’injustice.

Moïse AKAKPO

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