Lors du « Jeudi Politique » tenu ce 26 février 2026 à Lomé, le Comité d’Action pour le Renouveau (CAR) a mis en lumière les failles persistantes dans la gestion des deniers publics au Togo et par ricochet invite les citoyens à « ouvrir les yeux » pour renforcer la transparence et la redevabilité.
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Le Contrôle Citoyen de l’Action Publique (CCAP) était au cœur d’une communication rendue publique par BOUAKA Kouami, Commissaire national chargé à la communication du Comité d’Action pour le Renouveau (CAR). Estimant que chaque franc public provient des contributions des citoyens, le Comité d’Action pour le Renouveau (CAR) invite les Togolais à surveiller de près l’exécution des projets publics, notamment dans un contexte de décentralisation accrue.
Briser le tabou de « la chose de l’État »
Réunis autour du thème : « Le contrôle citoyen de l’action publique : quelle incidence sur la gouvernance ? », le CAR invite à dépasser l’idée répandue selon laquelle « ce qui est à l’État n’est à personne ». Pour le parti, les ressources publiques proviennent essentiellement des contributions des citoyens : taxes, TVA, péages ou encore prélèvements sur les services du quotidien.
Le CCAP est ainsi présenté non comme une posture de contestation, mais comme un mécanisme de gouvernance participative. Selon le parti de Robert Yao Daté, il s’agit d’un droit et d’un devoir permettant aux citoyens, individuellement ou à travers des organisations, de suivre, d’évaluer et d’influencer l’action publique.
À en croire le CAR, l’objectif est de s’assurer que les fonds publics sont utilisés dans l’intérêt général et non à des fins privées.
Des institutions de contrôle déjà en place
Le CAR rappelle que le citoyen n’agit pas seul et que le Togo dispose d’un arsenal institutionnel dédié au contrôle de l’action publique. Dans la foulée, le commissaire national chargé à la communication du CAR a cité quelques arsenal institutionnel qui sont :
La Cour des Comptes, chargée de juger les comptes publics et d’assister le Parlement ;
L’Inspection générale d’État (IGE) ;
L’Autorité de Régulation de la Commande Publique (ARCOP), qui encadre les marchés publics ;
L’Haute Autorité de Prévention et de Lutte contre la Corruption et les Infractions Assimilées (HAPLUCIA), appelée à évoluer vers la HATIC, nouvelle Haute Autorité de Transparence et d’Intégrité publique ;
L’Assemblée nationale, à travers ses prérogatives de contrôle.
Pour le parti, l’enjeu est de renforcer l’articulation entre ces institutions et la vigilance citoyenne, notamment dans le contexte de la décentralisation.
Marchés publics et scandales récents
Une large part de la communication est consacrée aux marchés publics, considérés comme le principal espace de risque en matière de corruption et de mauvaise gouvernance.
Le commissaire national Kouami Bouaka a évoqué plusieurs dossiers ayant marqué l’opinion ces dernières années, notamment les irrégularités relevées dans la gestion du fonds de riposte contre la Covid-19, communément appelé « Covidgate », à la suite d’un rapport de la Cour des Comptes. Des cas de forages inachevés, de double facturation dans le secteur de la santé ou encore de défauts de qualité sur certaines infrastructures routières sont également mentionnés.
Selon le CAR, ces situations mettent en lumière des failles telles que l’absence de suivi après l’attribution des marchés, le manque de transparence sur les bénéficiaires effectifs des entreprises attributaires et la rareté des sanctions judiciaires.
Un enjeu de gouvernance et de légitimité
Au-delà des scandales, le parti insiste sur les bénéfices potentiels du contrôle citoyen à savoir l’amélioration de la qualité des travaux publics, le respect des délais d’exécution, le réduction des surfacturations et le renforcement de la transparence budgétaire.
Le CCAP est présenté comme un levier de légitimité pour les autorités publiques. Une gouvernance ouverte au regard des citoyens renforcerait, selon le CAR, la confiance entre gouvernants et gouvernés.
Le parti met également en avant le rôle des Comités de développement de quartier (CDQ) et de village (CVD), appelés à devenir des relais de proximité dans le suivi des projets locaux.
Un appel à dépasser les peurs et les stéréotypes
Le communicateur souligne enfin les obstacles socioculturels freinant l’engagement citoyen notamment la crainte de représailles, le sentiment d’impuissance face aux élus ou la perception de la technicité des dossiers comme un frein.
Le CAR rappelle que le contrôle citoyen est encadré par des textes juridiques, notamment la Constitution et les lois relatives aux marchés publics et à la décentralisation. Il appelle à une meilleure appropriation de ces instruments par les populations.
Le parti estime que, dans un contexte de montée en puissance des budgets communaux, le risque de corruption pourrait se déplacer vers l’échelon local si la vigilance n’est pas renforcée. Il invite ainsi les citoyens à devenir « les yeux et les oreilles » de l’État, afin de contribuer à une gestion plus transparente et plus efficace des ressources publiques.
Marc Le Sucré (+22896141648)
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