Société

« L’écriture et l’édition sont deux concepts complémentaires », affirme l’écrivain togolais, Ayayi Togoata Apedo-Amah

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La 6 ème édition du Festival international des lettres et des arts (Festilarts) bat son plein à l’université de Lomé. Ouverte depuis mardi 20 juin 2023, à la grande salle de la bibliothèque universitaire de Lomé, la 6 ème édition du Festilarts, qui prévoit plusieurs activités notamment, les conférences, les ateliers d’écriture urbaine, du théâtre, des expositions d’œuvres littéraires, artistiques et de dédicaces d’ouvrages, a pour thème : « De Bella Bellow à Jeannette Ahonsou : mots, musiques et modèles ».

Prof Ayayi Togoata Apédoh-Amah

Selon l’écrivain togolais, prof Ayayi Togoata Apédo-Amah qui a animé le premier panel de ce festival, l’écriture et l’édition sont deux concepts complémentaires. Le premier panel de cette 6 édition, qui a été modéré par Dr Anoumou Amekudji, a été animé par plusieurs experts à savoir Ayayi Togoata Apédo-Amah, universitaire et écrivain ; Théo Ananissoh, écrivain togolais vivant en Allemagne ; Edem Latevi, gestionnaire culturel et directeur général de la Maison des Jeunes Amadahomé et Mawuse Heka, directeur général des Éditions Awoudy. Le thème du premier panel est « l’écriture et l’édition au Togo : Problématiques et Perspectives ». Pour l’enseignant-chercheur à la retraite Apedo-Amah, il y a un lien intrinsèque entre l’écriture et l’édition.

« L’écriture et l’édition sont deux concepts complémentaires. Quand vous écrivez, vous voulez que ce soit publié et vous avez besoin d’un éditeur. Donc il y a un travail d’écriture qui se fait dans la durée et dans le temps. C’est vraiment compliqué car il faut faire des brouillons et ensuite quand on se sent prêt, on donne cela à un éditeur qui à son tour va examiner l’ouvrage et le soumettre à des lecteurs qui vont corriger le travail. Et après les commentaires des lecteurs, l’éditeur va prendre sa décision de publication ou de refus de publication. Ensuite, l’éditeur a besoin d’un libraire pour vendre le livre ou le diffuser. Une fois, publié ou édité, il y a les critiques journalistiques ou universitaires qui vont étudier le livre et dire leurs opinions là-dessus. Vous voyez, toutes ces chaînes, requièrent la qualité car on ne peut pas faire dans la médiocrité comme certains le souhaitent. L’art, c’est du travail. On dit que l’art est difficile et la critique est facile. Je vous dis que cet adage est complètement faux parce que la vraie critique est difficile, voilà pourquoi les gens n’arrivent pas à la faire. Si c’était si facile, tout le monde en ferait. Cela demande une certaine connaissance, sinon expertise pour pouvoir dire des choses conséquentes et valables sur les ouvrages à partir de certains critères scientifiques », a laissé entendre l’écrivain togolais Ayayi Togoata Apédoh-Amah.

Dans la foulée, l’universitaire et écrivain estime qu’il y a de l’avenir sinon de l’espoir pour l’art au Togo.

« Tant que les hommes sont là, vivent et travaillent, ils ont besoin d’art. L’art, c’est le patrimoine culturel d’un pays donc il y a de l’espoir. Nous avons parlé du foisonnement de la littérature aujourd’hui, il y a beaucoup d’éditeurs et beaucoup d’écrivains etc… Bref, l’actualité littéraire au Togo, ce n’est plus en France, c’est au Togo. Aujourd’hui, le pari de la littérature togolaise, c’est d’aller de plus en plus vers la qualité », a-t-il insisté.

Quant à Edem Latevi, directeur général de la Maison des jeunes d’Amadahomé, la qualité de la production littérature togolaise est une problématique qui date des décennies. « A partir des années 2000, avec l’apparition de la nouvelle Maison d’édition, la plupart des productions qui sont sorties, ne sont pas totalement de qualité par rapport au fait que, il n’y a pas de comité de lecture mis en place de façon professionnelle dans ces Maisons. Ce sont des lecteurs de façon intermittente qui viennent travailler et repartent. La suite du travail se fait avec l’éditeur seul et l’auteur. Il va de soi qu’à la fin, la plupart des travaux ou des parutions ne soient pas de bonne facture. Mais cela ne veut pas dire qu’il n’y pas de bons textes parmi ceux qui sortent. C’est juste que la plupart des auteurs ne prennent pas la patience ou le temps nécessaire de corriger, de faire le travail de fond sur non seulement la littérarité de leurs textes mais aussi la correction orthographique et grammaticale parce qu’il n’y a pas que l’histoire qui est intéressante mais il y a aussi l’apprentissage », a révélé Edem Latevi, gestionnaire culturel et directeur général de la Maison des jeunes Amadahomé.

Pour rappel, la 6 ème édition du Festilarts a pour invité d’honneur, l’écrivain et dramaturge togolais de la diaspora, Kossi Efoui qui a prononcé la conférence inaugurale du festival sur le thème « De Bella Bellow à Jeannette Ahonsou : mots, musiques et modèles ».

Marc Yaovi GNAZOU

Marc GNAZOU

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