Société

Libération des rails : une nouvelle vague de démolitions frappe les emprises ferroviaires à Lomé

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Les opérations de dégagement des emprises ferroviaires se poursuivent à Lomé. Après Hanoukopé dans la commune du Golfe 4 la semaine dernière, c’est le tronçon Zorobaro–Akodessewa, qui a été ciblé tôt, ce lundi 1er décembre 2025, par une nouvelle vague de démolitions menées par les services techniques.

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Dès l’aube, camions, bulldozers et unités de sécurité ont investi les lieux, procédant à la destruction d’installations considérées comme « illégales » ou trop proches des rails. Boutiques, kiosques, clôtures et petites habitations ont été touchés, laissant derrière eux des amas de décombres et des familles prises au dépourvu.

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« On nous a donné un préavis, mais c’était trop court. On n’a même pas eu le temps de déplacer toutes nos affaires » témoigne un commerçant, visiblement bouleversé devant ce qu’il reste de son échoppe. Comme lui, plusieurs riverains dénoncent le manque d’anticipation et la précipitation des opérations, qui bouleversent leur quotidien et leur activité économique.

De leur côté, les autorités locales expliquent que ces actions s’inscrivent dans un vaste programme de sécurisation des voies ferroviaires. Selon elles, de nombreuses constructions anarchiques entravent la circulation potentielle des trains, posent des risques d’accidents et compliquent les projets d’aménagement urbain prévus le long du corridor ferroviaire.

« Il est impératif de libérer les emprises pour garantir la sécurité publique et permettre la mise en œuvre des projets structurants », a confié un responsable technique du Golfe 1. Celui-ci assure que la mairie a multiplié les sensibilisations depuis 2024, mais reconnaît que la pression démographique dans ces zones rend les situations plus délicates.

Sur le terrain, les habitants touchés appellent les pouvoirs publics à plus d’accompagnement. Plusieurs familles demandent des mesures de soutien, notamment des solutions temporaires de relogement, des plans de réinstallation ou au moins un meilleur dialogue pour anticiper les prochaines interventions.

« Nous comprenons les projets de l’État, mais nous aussi nous avons besoin d’être considérés. Beaucoup parmi nous n’ont nulle part où aller », confie une mère de quatre enfants, assise près des ruines de son domicile.

Alors que les opérations devraient se poursuivre dans d’autres quartiers de Lomé dans les prochaines semaines, les appels à une approche plus sociale et participative se multiplient. Les populations espèrent que les prochaines étapes tiendront davantage compte de leur situation socio-économique, afin d’éviter de nouveaux drames humains.

Marc Le Sucré

Marc GNAZOU

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