Quand TikTok devient tribunal : le prophète Cephas Antonio face à des témoignages accablants

Partager

Accusé par son ex-compagne et plusieurs témoins, le fondateur du Ministère Jésus en Action (MIJA) fait face à de lourdes allégations d’escroquerie financière, de manipulation spirituelle et de pratiques frauduleuses. Une affaire largement relayée sur les réseaux sociaux, notamment TikTok.

REJOIGNEZ NOTRE CHAÎNE WHATSAPP POUR SUIVRE LES INFORMATIONS EN TEMPS RÉEL

Des témoignages qui secouent les réseaux sociaux

Tout est parti d’un live TikTok devenu viral, au cours duquel Dame Ester, présentée comme l’une des victimes présumées, a publiquement mis en cause l’homme de foi, aujourd’hui installé aux États-Unis. Selon elle, sa sœur aurait été victime d’une escroquerie financière dépassant 30 millions de francs CFA.

« Il a réussi à diviser notre famille par de fausses révélations. Il a affirmé à ma sœur que notre mère était une sorcière et l’a poussée à couper tout contact avec nous pendant des années », a-t-elle déclaré devant plusieurs milliers d’internautes.

Invitée à intervenir lors du même direct, l’ex-compagne du prophète a livré un témoignage particulièrement détaillé, évoquant une relation marquée, selon elle, par la manipulation psychologique et spirituelle.

« J’ai été naïve durant les années passées avec lui. Il m’a progressivement enfermée spirituellement », a-t-elle confié.

Une dette de plusieurs millions et une affaire de terrain

La femme affirme avoir apporté un soutien financier important à Cephas Antonio, notamment avant et pendant la période de la pandémie de COVID-19. Elle évoque une dette cumulée d’environ 20 millions de FCFA, jamais remboursée.

Face à ses réclamations, le prophète lui aurait proposé un terrain situé à Avépozo, présenté comme valant 40 millions de FCFA, mais cédé à 25 millions.

« J’ai ajouté 4 millions aux 20 millions qu’il me devait pour acquérir ce terrain. Plus tard, j’ai découvert qu’une maison à étage y avait déjà été construite. C’est à ce moment-là que j’ai compris que j’avais été trompée », raconte-t-elle.

Accusations de pratiques mystiques au sein de l’église

Au-delà des aspects financiers, certains témoignages mettent également en cause des pratiques religieuses jugées troublantes au sein du MIJA. Une intervenante, se présentant comme proche de Dame Ester, affirme avoir été témoin de méthodes qualifiées de « sataniques ».

Selon plusieurs internautes, les miracles et révélations attribués au prophète seraient en réalité des mises en scène destinées à renforcer son emprise sur les fidèles et à soutirer de l’argent. Ces allégations n’ont, à ce stade, pas été confirmées par une enquête judiciaire officielle.

Une fraude présumée sur un compteur électrique

L’ex-compagne accuse également Cephas Antonio d’avoir fraudé sur un compteur de la Compagnie Énergie Électrique du Togo (CEET), installé dans une maison lui appartenant.

« J’ai dû payer des amendes de plusieurs millions de francs CFA pour éviter de perdre mon bien », affirme-t-elle, précisant que cette affaire avait déjà fait l’objet d’articles de presse par le passé.

La réaction du prophète

Joint lors du même live TikTok, Cephas Antonio, de son vrai nom Akpa Ayité Antonio, a partiellement reconnu certains faits, tout en rejetant l’accusation d’escroquerie.

« Je ne parle pas d’escroquerie. Je compte toujours lui remettre un terrain à Sagbado. Je n’ai pas encore soldé le montant auprès des propriétaires, mais je le ferai lorsque j’en aurai les moyens », a-t-il déclaré.

Cependant, selon les accusatrices, ce terrain ferait lui-même l’objet de litiges, ce qui alimente davantage les doutes sur la crédibilité de cette promesse.

Une affaire révélatrice d’un problème plus large

Cette controverse relance le débat sur les dérives observées dans certains milieux religieux au Togo et dans la sous-région. Des leaders religieux autoproclamés sont régulièrement accusés d’exploiter la foi et la vulnérabilité de leurs fidèles à des fins financières ou personnelles.

Alors que Cephas Antonio réside actuellement aux États-Unis, plusieurs femmes affirment avoir été victimes de ses agissements. Les témoignages continuent d’affluer sur les réseaux sociaux, appelant à une réflexion plus large sur la régulation des activités religieuses et la protection des fidèles contre les abus et dérives sectaires.

La rédaction

Related Post

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *