Dans un exercice de reddition de comptes, la députée Brigitte Adjamagbo-Johnson est revenue sur les principaux actes posés à l’Assemblée nationale en 2025. Boycott de certaines sessions, rejet de projets de loi et interpellations du gouvernement ont marqué une année qu’elle dit avoir consacrée à l’accompagnement des luttes du peuple togolais.
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Face aux citoyens samedi 31 janvier 2026, réunis au centre communautaire de Tokoin, l’élue a rappelé sa conception du rôle d’un député. Selon elle, un député doit être aux côtés du peuple, surtout dans les moments de lutte.
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« Les Togolais se sont mobilisés toute l’année 2025 pour dire non à l’imposition de la 5ᵉ République. En tant qu’élue du peuple, mon premier devoir était de les accompagner » a affirmé la députée Brigitte Adjamagbo-Johnson, coordinatrice de la Dynamique pour la Majorité du Peuple (DMP) et secrétaire générale de la CDPA.

Un refus assumé des actes liés à la 5ᵉ République
Brigitte Adjamagbo-Johnson est longuement revenue sur les actes posés par la DMP au sein et en dehors de l’Assemblée nationale. Elle a notamment rappelé le boycott, le 3 mai 2025, des travaux parlementaires et du Congrès ayant conduit à l’élection du président de la République de la 5ᵉ République, ainsi que la non-participation à la prestation de serment du président du Conseil.
Ce jour-là, la DMP avait choisi d’organiser une conférence de presse parallèle. « Nous voulions que les Togolais sachent que nous étions avec eux, et que la communauté internationale comprenne que l’immense majorité du peuple n’était pas d’accord avec ce qui se passait », a-t-elle expliqué.
La même posture a été maintenue le 2 décembre, lors du Congrès consacré à la mise en place des nouvelles institutions. « Nous avons refusé de cautionner un processus rejeté par le peuple », a-t-elle insisté.

Répression et silence de l’Assemblée nationale
La députée n’a pas éludé la question des événements tragiques des 6, 7 et 8 juin, marqués par une répression ayant conduit à la mort de plusieurs Togolais. Elle a dénoncé le silence de l’Assemblée nationale face à ces drames. « Nous avons assisté à une clôture de session comme si tout allait normalement. Nous avons dit non », a-t-elle martelé.
Selon elle, la DMP et les députés de l’ADDI ont déposé une question orale au gouvernement afin d’obtenir des explications sur ces événements, notamment autour du mystérieux groupe dénommé « Sentinelle du peuple ». Une autre question concerne l’agression subie par la DMP et le député sénégalais Guy Marius Sagna au siège de la CDPA. Ces dossiers sont actuellement sur la table du président de l’Assemblée nationale.

Des lois rejetées au nom de l’intérêt général
Sur le plan législatif, Brigitte Adjamagbo-Johnson a défendu les choix opérés par son groupe parlementaire. Elle a cité le rejet du projet de loi portant prorogation de l’état d’urgence, estimant que le gouvernement n’a pas démontré un usage respectueux des droits des populations concernées.

Le projet de loi de finances, exercice 2026, a également été rejeté. Après une analyse approfondie menée avec des citoyens engagés dans la veille économique, la DMP dit ne pas avoir été convaincue que ce budget répondait aux priorités sociales. « Au moins 35 % du budget sont consacrés au seul service de la dette, sans impact visible sur les conditions de vie des Togolais », a-t-elle déploré, s’interrogeant aussi sur la faible contribution des entreprises publiques, y compris dans les secteurs extractifs.

Santé, éducation et infrastructures : des urgences persistantes
La députée a également évoqué les actions de contrôle parlementaire menées sur le terrain, notamment dans les secteurs de la santé, de l’éducation et de la voirie urbaine. Les constats sont préoccupants, en particulier dans les centres médicaux sociaux (CMS), souvent dans un état de délabrement avancé.
Si elle se félicite de la réhabilitation du CMS de Kodjoviakopé à la suite d’une visite parlementaire, elle souligne que de nombreuses localités, comme Gbényédji et Massouhoin, restent confrontées aux mêmes difficultés. La situation de Massouhoin, qualifiée de « véritable scandale », a aussi été remise sur la table par les citoyens.
Quelles perspectives pour 2026 ?
Pour l’année 2026, Brigitte Adjamagbo-Johnson annonce la poursuite de l’accompagnement des populations, avec un accent particulier sur la santé, l’éducation et la défense des libertés publiques. « Nous continuerons à être la voix de ceux qu’on n’entend pas », a-t-elle conclu, sous les applaudissements des participants.
Cette rencontre de reddition de comptes s’inscrit, selon l’élue, dans une démarche de transparence et de participation citoyenne, qu’elle entend renforcer face aux défis politiques et sociaux du pays.
Marc Le Sucré (+22896141648)

