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Togo : un président de la République en trompe-l’œil, Faure Gnassingbé concentre le pouvoir

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Le Togo inaugure un tournant institutionnel majeur avec l’entrée en vigueur de la Ve République, qui substitue au système présidentiel un régime parlementaire. Dans cette nouvelle configuration, la fonction de Président de la République devient essentiellement symbolique, tandis que la présidence du Conseil se pose en véritable clé de voûte du pouvoir exécutif.

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Jean‑Lucien Savi de Tové est le nouveau Président de la Ve République du Togo. Le 3 mai 2025, dans l’hémicycle annexe de l’Assemblée nationale, 149 parlementaires réunis en congrès constitutionnel l’ont élu, à l’unanimité et comme unique candidat proposé par l’Union pour la République (UNIR).

A LIRE AUSSI : Faure Gnassingbé, le président du conseil des ministres prend officiellement fonction

Jean-Lucien Savi de Tové, premier président de la 5 ème République Togolaise : Qui est-il réellement ?

Quelques heures plutôt, Faure Gnassingbé, qui dirigeait le Togo depuis près de vingt ans, a prêté serment devant la Cour constitutionnelle comme Président du Conseil des ministres. Ce poste, doté de tous les pouvoirs exécutifs (direction du gouvernement, commandement des armées, conduite de la politique étrangère et initiative législative) confirme que le véritable centre de décision reste entre ses mains, malgré le changement de régime.

Un équilibre des pouvoirs redéfini

La Ve République réécrit la répartition institutionnelle. Le Président de la République, désormais cantonné à des missions honorifiques (représentation, cérémonies, signature des lois), joue un rôle de garant de la continuité de l’État.

Le Président du Conseil, lui, concentre l’autorité gouvernementale : il préside le Conseil des ministres, nomme les hauts fonctionnaires civils et militaires, engage la responsabilité du gouvernement devant le Parlement et dispose du droit de grâce.

En parallèle, l’Assemblée nationale peut renverser le gouvernement par une motion de défiance, et le Sénat reçoit les communications du Conseil pour débat. Cette architecture favorise un jeu de va‑et‑vient institutionnel, où l’exécutif et le législatif se contrôlent mutuellement.

Dimitri AGBOZOH-GUIDIH

Marc GNAZOU

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