Traite de personnes et escroquerie : un vaste réseau lié à QNET démantelé, voici leur mode opératoire

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Une vingtaine d’individus interpellés dans une opération coup de poing à Kopégan. Derrière de fausses promesses d’emploi et de voyage, un réseau bien structuré exploitait des victimes venues de plusieurs pays de la sous-région.

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Une opération menée par la gendarmerie met au jour un système bien rodé mêlant promesses d’emploi, marketing de réseau et exploitation de victimes étrangères.

La lutte contre le grand banditisme vient de franchir un nouveau cap dans la préfecture d’Agoè-Anyivé. À Adéticopé, précisément dans le quartier Kopégan, une opération de la brigade de gendarmerie locale a permis de démanteler un réseau présumé de traite de personnes et d’escroquerie, opérant sous couvert d’activités en ligne.

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Selon le communiqué, « la brigade de gendarmerie d’Adéticopé, agissant sur renseignement, a mené une opération dans une habitation située dans le quartier Kopégan ». Une intervention qui a conduit à l’interpellation de vingt (20) individus, dont deux mineurs, tous de nationalité étrangère.

Un système bien organisé autour du “QNET”

Les premières investigations laissent apparaître une organisation structurée. « Les premières investigations révèlent l’existence d’un réseau de traite de personnes et d’escroquerie, opérant sous couvert d’activités de commerce en ligne et de marketing de réseau, notamment à travers le système dit “QNET” », précise le communiqué.

Derrière ce dispositif, un jeune homme de 24 ans, identifié comme le cerveau du réseau. « Parmi les personnes interpellées figure le présumé chef du réseau, nommé Camara, de nationalité guinéenne », peut-on lire. Il aurait agi en collaboration avec un complice basé au Burkina Faso.

Le mode opératoire est aussi simple qu’efficace : appâter, convaincre, puis exploiter. Les recruteurs promettent à leurs cibles des opportunités alléchantes — emploi, affaires rentables ou voyage à l’étranger. En contrepartie, chaque victime devait débourser entre 500 000 et 700 000 FCFA comme frais d’adhésion.

Des victimes piégées dans un engrenage

Une fois enrôlées, les victimes sont déplacées vers d’autres pays de la sous-région. « Les victimes sont ensuite regroupées et transférées vers un pays voisin, où elles sont prises en charge par un autre membre du réseau, avant d’être soumises à des activités frauduleuses », indique la gendarmerie.

Sur place, la pression est constante. Les victimes sont contraintes de recruter à leur tour, alimentant ainsi une chaîne sans fin. « Elles sont également forcées de promouvoir et de vendre des produits en ligne », souligne le document.

Au total, dix-neuf (19) victimes, originaires du Burkina Faso, de la Côte d’Ivoire et de la Guinée, ont été identifiées. Elles seront « remises à leurs représentations diplomatiques en vue de leur rapatriement ».

Justice et appel à la vigilance

Quant au principal suspect, il devra répondre de ses actes devant la justice togolaise. « Le présumé auteur sera présenté à Monsieur le Procureur de la République près le tribunal de première instance de Lomé », précise le communiqué.

Face à la recrudescence de ce type de réseaux, la Gendarmerie nationale appelle à la prudence. Elle exhorte les populations à « faire preuve de la plus grande vigilance face aux offres d’emploi et d’activités lucratives diffusées, notamment sur les réseaux sociaux ».

Cette affaire remet une fois encore en lumière les dérives de certains systèmes de marketing de réseau, souvent détournés à des fins frauduleuses. Dans un contexte où le chômage pousse de nombreux jeunes à chercher des opportunités ailleurs, ces réseaux exploitent l’espoir pour mieux piéger.

À Adéticopé, l’intervention rapide des forces de sécurité a permis d’éviter le pire. Mais la vigilance reste plus que jamais de mise.

La rédaction

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