Fraude et dilution des carburants : cinq stations inspectées, les autorités passent à la vérification
Les premières opérations de vérification ont été effectuées, lundi 2 novembre 2026 dans cinq stations-service de Lomé. L’objectif est de s’assurer de la conformité des carburants commercialisés et de lutter contre les pratiques frauduleuses dans le circuit de distribution.
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Après plusieurs mois de mise en œuvre, place désormais aux contrôles sur le terrain. Une équipe conduite par la Commission chargée du suivi de l’exécution du contrat entre l’État et SICPA SA (CSECES) a effectué une visite inopinée lundi dernier dans cinq stations-service notamment la direction CAP-Togo, SOMAYAF à Nukafu, TotalEnergies à Djifa-Kpota, Zener à Kagnikopé et T-Oil à Baguida.

En effet, ces 5 établissements ont fait l’objet de prélèvements destinés à vérifier la présence et le niveau de concentration du marqueur dans les produits pétroliers.
Concrètement, les équipes ont recueilli des échantillons aussi bien dans les cuves de stockage que directement au niveau des pompes. Les analyses ont ensuite été réalisées sur place grâce à des laboratoires mobiles équipés de matériels spécialisés répondant aux normes internationales, notamment la norme ISO 17025.

Le procédé consiste à mesurer la concentration de la molécule traceuse préalablement introduite dans les carburants au moment de leur chargement à la source. Cette vérification permet de s’assurer que les produits n’ont subi aucune modification frauduleuse entre leur marquage et leur commercialisation.
« Tout se passe bien », s’est réjoui Esso-Wavana Ahmed Adoyi, président de la Commission chargée du suivi du dispositif. À l’issue de l’opération, les cinq stations inspectées ont été déclarées conformes.

Faut-il préciser que cette première opération marque le début de la phase de vérification de la conformité des carburants distribués aux consommateurs. L’opération, menée en collaboration avec SICPA Togo SAU, spécialisée dans la Solution automatisée de marquage (SAM), s’est déroulée en présence de représentants de l’Office togolais des recettes (OTR) et du ministère chargé du Commerce.
De son côté, le directeur général de SICPA Togo SAU, Tchamdja Sosso Balam, a expliqué que les équipements utilisés permettent de retrouver le niveau de concentration du traceur injecté dans les produits pétroliers lors de leur chargement. Une manière de détecter d’éventuelles manipulations, notamment les pratiques de dilution ou de mélange frauduleux.
« Aujourd’hui avec la phase de test, avec des matériels spécifiques, il s’agit de retrouver le niveau de concentration du traceur préalablement injecté à la source au moment du chargement », précise Sosso Balam Tchamdja, DG SICPA Togo SAU.

Les opérateurs désormais avertis
Avec le démarrage de ces inspections, les autorités entendent rappeler aux différents acteurs de la chaîne pétrolière leurs obligations. Esso-Wavana Ahmed Adoyi a notamment insisté sur le caractère effectif des contrôles et mis en garde contre toute tentative de résistance aux opérations de vérification.
Le refus de prélèvement ou de contrôle, la commercialisation de produits non marqués ainsi que les pratiques de fraude et de dilution exposent les contrevenants à des sanctions. Celles-ci peuvent aller des pénalités financières jusqu’au scellement des pompes, voire de la station concernée, selon la nature des manquements constatés.

Cette première descente constitue ainsi le point de départ d’un contrôle appelé à s’étendre progressivement à l’ensemble du territoire national. Selon les prévisions contractuelles, environ 500 échantillons devront être prélevés chaque mois afin d’assurer un suivi régulier de la qualité et de la conformité des produits mis en vente.
Un dispositif pour assainir le secteur pétrolier
Lancé le 31 juillet 2026, le marquage automatisé des produits pétroliers vise à renforcer la surveillance du circuit d’approvisionnement et de distribution des carburants au Togo. En permettant de retracer et de vérifier les produits depuis leur chargement jusqu’à leur commercialisation, le mécanisme entend limiter la contrebande, les détournements, les mélanges illicites et les différentes formes de fraude.
Au-delà de la sécurisation du secteur, cette initiative ambitionne également de renforcer la mobilisation des recettes publiques et de mieux protéger les consommateurs contre les carburants dont la composition aurait été frauduleusement modifiée.
Reste désormais à voir comment ces contrôles seront déployés dans la durée et sur l’ensemble du territoire. Car l’efficacité du dispositif dépendra autant de sa capacité à détecter les irrégularités que de l’application effective des sanctions prévues.
Marc Le Sucré GNAZOU (+22896141648)