Journalisme privé au Togo : 78,3 % des journalistes ne se voient pas aller jusqu’à la retraite
À l’occasion de ses 15 ans d’existence, le Syndicat national des journalistes indépendants du Togo (SYNJIT) tire la sonnette d’alarme sur les conditions sociales des journalistes du secteur privé. Une enquête menée auprès de 69 professionnels révèle une situation marquée par les faibles revenus, l’instabilité de l’emploi et une protection sociale limitée.
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Le Syndicat national des journalistes indépendants du Togo (SYNJIT) a célébré, jeudi 27 août 2026, ses 15 ans d’existence. Créé le 27 août 2011, le syndicat a choisi cette date anniversaire pour mettre en lumière les difficultés auxquelles restent confrontés de nombreux journalistes du secteur privé au Togo.
Dans une déclaration rendue publique à Lomé, le SYNJIT estime que la situation sociale de la profession demeure préoccupante, quatre ans après la signature de la Convention collective des journalistes, intervenue le 14 octobre 2022.
Des revenus qui restent faibles
Pour établir son constat, le syndicat indique avoir mené, entre avril et mai 2026, une enquête auprès de 69 journalistes du secteur privé.
Selon les résultats présentés, 91,3 % des journalistes interrogés gagnent moins de 100 000 FCFA par mois, tandis que 49,3 % disposent de revenus inférieurs à 50 000 FCFA.
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À cette faiblesse des revenus s’ajoutent des difficultés liées à la stabilité de l’emploi. Le SYNJIT relève que 60,9 % des professionnels interrogés travaillent sous des formes d’emploi précaires, notamment les contrats à durée déterminée, les piges, les stages ou encore le bénévolat.
Le syndicat évoque également des difficultés dans le paiement des salaires. Près de 38 % des répondants déclarent connaître des retards importants ou une irrégularité dans le versement de leurs revenus.
La protection sociale toujours insuffisante
La question de la protection sociale constitue également une source de préoccupation. D’après l’enquête, plus de la moitié des journalistes interrogés ne bénéficient ni d’une couverture à la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS) ni d’une assurance santé.
Pour le SYNJIT, cette situation fragilise davantage une profession déjà confrontée à des conditions économiques difficiles.
Le syndicat s’inquiète surtout des perspectives d’avenir dans le métier. 78,3 % des journalistes interrogés estiment ne pas pouvoir exercer jusqu’à l’âge de la retraite. Une situation qui, selon l’organisation syndicale, pourrait favoriser le départ de nombreux professionnels vers d’autres secteurs d’activité ou vers l’étranger.
Le SYNJIT appelle à des réformes
Face à ce constat, le syndicat estime qu’une action doit être engagée pour améliorer durablement les conditions de travail des journalistes du secteur privé.
À l’occasion de ses 15 ans, le SYNJIT formule quatre principales revendications. Il demande notamment la mise à jour et l’application effective de la Convention collective sectorielle, ainsi que le renforcement des mécanismes de contrôle.
Le syndicat plaide également pour la fixation d’un salaire plancher professionnel, le conditionnement de l’aide publique aux médias à la déclaration du personnel à la CNSS et à la régularité des salaires.
Enfin, il souhaite un meilleur encadrement juridique des stages afin de lutter contre ce qu’il qualifie de « bénévolat déguisé ».
Pour le SYNJIT, l’amélioration des conditions sociales des journalistes constitue aussi un enjeu pour la qualité et la pérennité de l’information au Togo.
En cette date anniversaire, le syndicat dit vouloir poursuivre son action en faveur de la professionnalisation du secteur et de la défense des droits des journalistes. Il rend par ailleurs hommage aux professionnels qui continuent d’exercer leur métier malgré les difficultés rencontrées.
Marc Le Sucré (+22896141648)