Bénin–Niger : vers la réouverture de la frontière après près de trois ans de tensions
Après près de trois années de fermeture et de relations tendues, le Bénin et le Niger franchissent une étape importante vers la normalisation de leurs rapports. Réunis à Cotonou pendant deux jours, les représentants des deux pays ont trouvé un terrain d’entente sur plusieurs dossiers sensibles, ouvrant ainsi la voie à une prochaine réouverture de leur frontière commune.
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Les discussions, qui se sont achevées lundi, ont permis d’aboutir à des accords de principe dans les domaines sécuritaire, économique et juridique. La délégation nigérienne était conduite par le ministre d’État chargé de l’Intérieur, le général de division Mohamed Toumba, qui s’est félicité des avancées enregistrées.
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« Nous avons verrouillé la priorité sécuritaire. Nous avons également jeté les bases d’une normalisation économique et juridique », a-t-il déclaré à l’issue des travaux. Selon lui, le dialogue demeure la meilleure voie pour garantir « de la valeur pour nos économies, de la sécurité pour nos populations et de l’espoir pour notre jeunesse ».
Du côté béninois, le ministre de l’Industrie et du Commerce, Oleshegun Adjadi Bakari, a salué l’esprit constructif qui a marqué les échanges. Il a souligné la volonté commune des deux États de renouer des liens historiques fragilisés par la crise diplomatique.
« Après 48 heures passées ensemble, nous formons une seule délégation avec un seul objectif : refaire naître cet amour et ce lien séculaire entre nos deux peuples », a-t-il affirmé.
Des avancées concrètes
Les deux parties se sont notamment accordées sur plusieurs mesures destinées à faciliter les échanges commerciaux. Parmi elles figurent l’exonération des taxes de transit, l’encadrement de la mise en consommation de certaines marchandises ainsi que le règlement de différents contentieux restés en suspens.
La coopération sécuritaire occupe également une place centrale dans les engagements pris. Les zones frontalières entre les deux pays restent confrontées à des défis majeurs liés au terrorisme et au grand banditisme, ce qui rend indispensable une coordination renforcée des actions de sécurité.
Une dynamique de rapprochement
Cette percée diplomatique s’inscrit dans la continuité des discussions engagées début juin à Niamey entre le président béninois Romuald Wadagni et le chef de l’État nigérien, le général Abdourahamane Tiani. Cette rencontre avait déjà laissé entrevoir une volonté commune de tourner la page des incompréhensions et de relancer la coopération bilatérale.
Si les accords conclus à Cotonou doivent encore être validés par les autorités compétentes des deux pays, ils constituent un signal fort en faveur d’un retour progressif à la normale. Pour les populations vivant de part et d’autre de la frontière, cette perspective représente un espoir de reprise des échanges économiques et de renforcement des liens humains longtemps perturbés par la fermeture du corridor.
Marc Le Sucré (+22896141648)