Corruption et fraude au Togo : le CAR met les pieds dans le plat et propose des solutions concrètes

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Face à la montée inquiétante de la corruption et de la fraude au Togo, le Comité d’Action pour le Renouveau (CAR) tire la sonnette d’alarme. Après avoir livré une analyse sans concession des dérives qui gangrènent l’administration togolaise, le président Yao Daté fait des propositions fortes pour endiguer ce fléau.

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La question de la corruption et de la fraude continue de susciter de vives préoccupations au Togo. Réunis le 26 mars 2026 dans le cadre d’échanges dénommé « Je dis politique« , les premiers responsables du parti ont mis sur table une approche axée sur des réformes concrètes et applicables.

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Prenant la parole lors des échanges, le président du CAR, Yao Robert Daté, qui n’a pas caché son inquiétude face à la banalisation de ces dérives, insiste sur la nécessité d’un changement de cap.

« La corruption et la fraude minent les fondements de notre État et compromettent l’avenir des générations futures. Il ne suffit plus de dénoncer. Il faut agir avec courage et mettre en place des mécanismes efficaces pour éradiquer la corruption », a-t-il déclaré.

Une définition claire pour mieux combattre le mal

Au cœur de cette rencontre, un communicateur du parti a apporté un éclairage pédagogique sur les notions de corruption et de fraude, insistant sur leur interdépendance. Selon lui, « la corruption consiste pour un agent public ou privé à solliciter ou accepter un avantage indu en échange d’un acte relevant de ses fonctions, tandis que la fraude repose sur la tromperie et la dissimulation dans le but d’obtenir un bénéfice illégal ».

Il a également rappelé que la législation togolaise, notamment le Code pénal de 2015, encadre ces pratiques à travers plusieurs dispositions, distinguant la corruption active et la corruption passive, toutes deux passibles de sanctions.

Des causes bien identifiées

Dans leur analyse, les responsables du CAR pointent du doigt plusieurs facteurs à l’origine de la propagation du phénomène : faiblesse des institutions, mauvaise gouvernance, lourdeurs administratives, précarité des agents publics et culture de l’impunité.

« Lorsque les procédures sont longues et complexes, et que les mécanismes de contrôle sont insuffisants, la corruption trouve un terrain fertile », a souligné le communicateur.

Des conséquences lourdes pour le pays

Le CAR insiste sur les impacts multidimensionnels de la corruption. Sur le plan économique, elle freine les investissements et entraîne des pertes importantes de ressources publiques. Socialement, elle accentue les inégalités et limite l’accès aux services de base, notamment la santé et l’éducation.

Sur le plan politique, elle affaiblit la confiance des citoyens envers les institutions et fragilise l’État de droit. « Une société où la corruption prospère est une société où le mérite recule », a-t-il ajouté.

Des pistes de solutions pour inverser la tendance

Face à ce tableau préoccupant, le CAR propose une série de mesures concrètes pour lutter efficacement contre ce fléau. Parmi celles-ci : l’adoption d’une loi-cadre anticorruption et la protection des lanceurs d’alerte ; l’application rigoureuse des lois existantes ; le renforcement et l’indépendance des institutions de lutte contre la corruption ; la publication des cas avérés pour dissuader ; la sensibilisation des citoyens et des agents publics ; l’introduction de l’éducation civique et morale dans les programmes scolaires.

Justice, sanctions et exemplarité

Le CAR met un accent particulier sur la question des sanctions. Pour le parti, la lutte contre la corruption passe impérativement par des enquêtes indépendantes et des sanctions effectives, sans distinction de rang.

« Aucun responsable, quel que soit son niveau, ne doit être au-dessus de la loi », a déclaré Yao Robert Daté, appelant à une justice plus ferme et impartiale.

Dans la foulée, le communicateur a particulièrement insisté sur la nécessité d’une volonté politique forte.

« La lutte contre la corruption ne peut être efficace sans une justice indépendante et des institutions crédibles. Nous avons des textes, mais leur mise en œuvre reste insuffisante. Il faut passer de la loi à l’action », a martelé le communicateur lors de la rencontre.

Prévention et changement des mentalités

Au-delà des mesures répressives, le CAR insiste sur la nécessité d’agir en amont. Le communicateur a rappelé que « la corruption est aussi un problème de mentalité ». Il préconise ainsi :

des campagnes de sensibilisation à grande échelle ;

la formation des agents publics et des acteurs économiques ;

l’introduction de l’éducation civique, morale et du respect du bien public dans les programmes scolaires.

Une volonté politique déterminante

Pour le CAR, toutes ces solutions ne pourront produire des résultats qu’à une seule condition : l’existence d’une volonté politique réelle.

« La lutte contre la corruption doit devenir une priorité nationale, portée au plus haut niveau de l’État », a conclu Yao Robert Daté.

Vers une gouvernance plus inclusive ?

Le CAR plaide également pour une approche de cogestion, permettant une meilleure transparence dans la gestion des ressources publiques grâce à l’implication de toutes les sensibilités politiques.

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À travers cette sortie, le parti entend relancer le débat national sur la gouvernance et appeler à une mobilisation collective. Car, au-delà des discours, c’est la crédibilité des institutions et l’avenir du pays qui sont en jeu.

Marc Yaovi Essowè GNAZOU (+228 96141648)

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