Face à la désinformation genrée, EdukMédia mobilise des acteurs pour un numérique plus responsable

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Un atelier inédit consacré à la désinformation sensible au genre a réuni, mercredi 22 avril 2026, des acteurs de la société civile, des universitaires, des journalistes, des activistes et de jeunes engagés à Lomé. L’objectif est de comprendre un phénomène en pleine expansion et outiller les participants pour mieux y faire face.

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Organisée par l’association EdukMédia, ce mercredi 22 avril 2026, dans le cadre du projet Desinfox Réseau, la rencontre s’inscrit dans une dynamique régionale visant à documenter et combattre la désinformation genrée dans l’espace francophone. Pendant plusieurs heures, les participants ont échangé, analysé des cas concrets et réfléchi aux solutions adaptées au contexte togolais.

Un phénomène encore mal compris mais bien réel

Pour Léonie Dégboé, coordinatrice de l’association EdukMédia antenne du Togo, l’enjeu est de taille. Cette problématique mérite une attention particulière.

Léonie Dégboé, coordinatrice de l’association EdukMédia antenne du Togo

Selon elle, la désinformation genrée repose sur des “narratifs mensongers amplifiés par les interactions sur les réseaux sociaux”, souvent utilisés pour cibler des individus, en particulier des femmes ou toute personne remettant en cause certains stéréotypes sociaux.

L’atelier visait ainsi à aider les participants à mieux comprendre ce phénomène, ses mécanismes de propagation et ses impacts sur la société. “L’idée est aussi de réfléchir à des solutions concrètes adaptées à notre réalité locale”, a précisé Léonie Dégboé, coordinatrice de l’association EdukMédia antenne du Togo.

Une démarche scientifique et régionale

Présent à Lomé dans le cadre du projet, le consultant formateur en Education aux médias et à l’information (EMI), Fabrice Makem, inscrit cette initiative dans une dynamique plus large.

Fabrice Makem, consultant formateur en Education aux médias et à l’information (EMI)

Le projet Desinfox Réseau, explique-t-il, concerne cinq pays francophones, dont le Togo et vise à documenter la désinformation genrée à travers des enquêtes de terrain et à animer des ateliers pour mieux cerner les réalités locales.

« Notre rôle est d’évaluer le travail des enquêteurs, mais aussi de créer un espace de réflexion pour comprendre comment ce phénomène se manifeste concrètement au Togo », a souligné Fabrice Makem, consultant formateur en éducation aux médias et à l’information.

Vue partielle

Au programme : clarification des concepts clés, analyse des formes de désinformation — mésinformation, désinformation et mal-information — mais aussi des travaux de groupe permettant aux participants de décortiquer des cas réels.

À terme, les données collectées feront l’objet d’un rapport de recherche destiné à orienter les actions de sensibilisation.

Former pour mieux résister aux dérives numériques

Parmi les participants, le Dr Apedjinou Akouété Anicet, spécialiste du numérique éducatif, insiste sur l’importance de la formation.

S’il reconnaît être déjà familier des questions liées aux usages numériques, il affirme que l’atelier lui a permis d’approfondir sa compréhension, notamment sur le fait que la désinformation genrée ne concerne pas uniquement les femmes.

Apedjinou Akouété Anicet, Dr en sciences de l’éducation et de la formation

Pour lui, l’éducation aux médias est un levier essentiel. « Il est crucial de former les citoyens à un usage critique et réflexif des contenus médiatiques », a laissé entendre Apedjinou Akouété Anicet, Dr en sciences de l’éducation et de la formation.

Dans la foulée, il a également plaidé pour une intégration de ces notions dans les programmes scolaires dès le primaire, afin de préparer les jeunes à évoluer dans un environnement numérique de plus en plus complexe.

Des participants engagés à relayer le message

L’atelier a également trouvé un écho favorable auprès des autres participants. Étudiante en master 1 en droit des affaires et fiscalité et activiste pour les droits des femmes, M’Belou Eslie retient notamment l’impact des nouvelles technologies dans la propagation des fausses informations.

M’Belou Eslie, étudiante en master 1 en droit des affaires et fiscalité

« Aujourd’hui, tout ce qui circule n’est pas forcément vrai. Il faut apprendre à faire la différence », a affirmé M’Belou Eslie, étudiante en master 1 en droit des affaires et fiscalité.

Déterminée à agir, elle entend jouer un rôle actif dans la sensibilisation de son entourage et sur les réseaux sociaux, en alertant sur les contenus trompeurs ou générés par l’intelligence artificielle.

Vers un numérique plus responsable

Au-delà des échanges, les organisateurs se félicitent de l’implication des participants et de la qualité des discussions.

L’ambition est désormais de multiplier ce type d’initiatives afin de créer un réseau d’acteurs capables de sensibiliser à leur tour dans leurs communautés respectives.

Dans un contexte marqué par la montée des fake news et des contenus manipulés, l’enjeu est de promouvoir un usage responsable du numérique, où la liberté d’expression s’exerce dans le respect des autres et des faits. Face à la désinformation genrée, la vigilance et l’éducation restent les meilleures armes.

Marc Le Sucré (+228 96141648)

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