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Société

4,6 millions de dollars mobilisés, le FFF fait le bilan de sept ans d’action au Togo

By Marc GNAZOU
02/10/2026 6 Min Read
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Après sept années de mise en œuvre, le Mécanisme Forêts et Paysans (FFF) dresse le bilan de son intervention au Togo. Lancé en 2019 avec l’appui de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), le programme a mobilisé plus de 4,6 millions de dollars, soit environ 2,6 milliards de FCFA, au profit des organisations de producteurs forestiers et agricoles (OPFA), de la restauration des paysages et du développement des activités économiques en milieu rural.

A LIRE AUSSI : Entrepreneuriat agricole : la FAO renforce les capacités des experts togolais sur l’outil RuralInvest

La restitution nationale organisée, mardi 29 septembre 2026, a surtout permis de poser une question : comment consolider ces acquis et préparer l’après-2026 ? La rencontre de restitution et de validation de la synthèse nationale des résultats du FFF s’est tenue à Lomé, en présence des représentants du gouvernement, de la FAO, de la Coordination togolaise des organisations paysannes et de producteurs agricoles (CTOP), des partenaires techniques et financiers ainsi que des organisations bénéficiaires.

Lors de la restitution

Selon les données présentées lors de la rencontre, le mécanisme a directement touché plus de 21 000 bénéficiaires, avec une participation importante des femmes et des jeunes. Au total, 299 OPFA ont notamment amélioré leurs activités génératrices de revenus, tandis que plus de 4 300 hectares de paysages ont été restaurés, protégés ou placés sous gestion durable.

Des organisations paysannes davantage structurées

Pour Dr Djiwa Oyetounde, chargé de bureau de la FAO au Togo, l’un des principaux enseignements du programme réside dans le renforcement des organisations de producteurs.

« Investir directement dans les organisations de producteurs, c’est renforcer les économies rurales, restaurer les paysages et ouvrir de nouvelles perspectives pour des femmes et des jeunes », a-t-il souligné.

Dans le domaine de la gouvernance, 59 OPFA ont été formées, tandis que plusieurs organisations ont bénéficié d’un accompagnement pour leur formalisation et leur immatriculation. Le programme a également soutenu des initiatives de plaidoyer ayant contribué à porter les préoccupations des producteurs dans les discussions liées aux politiques publiques.

À LIRE AUSSI : Togo : les femmes agricultrices au cœur d’une nouvelle dynamique portée par la FAO et le gouvernement

Le FFF a notamment accompagné des actions autour de l’agriculture familiale, de l’agroécologie et de la restauration des écosystèmes. La CTOP relève également le renforcement de la participation des femmes et des jeunes à travers différents cadres de concertation.

De la restauration des paysages aux activités génératrices de revenus

L’intervention du FFF ne s’est toutefois pas limitée à la protection des ressources naturelles. Une partie importante des appuis a porté sur l’entrepreneuriat rural, l’accès aux marchés et l’amélioration des revenus.

Selon les résultats présentés, 299 OPFA ont amélioré leurs activités génératrices de revenus et 152 plans d’affaires ont été élaborés. Plus de 160 sessions de formation consacrées notamment à l’entrepreneuriat rural ont également été organisées.

Travail en groupe

Certaines initiatives témoignent de cette volonté de rapprocher restauration des paysages et développement économique. L’OPFA Essowavakou, par exemple, a porté sa capacité de production de plants de 10 000 à 40 000 plants par an grâce à l’irrigation solaire. D’autres organisations ont développé la transformation et la valorisation des produits agricoles et forestiers.

La CTOP indique par ailleurs qu’une cinquantaine d’OPFA ont été accompagnées dans leur formalisation et qu’une centaine ont bénéficié d’un appui dans l’élaboration de plans d’affaires, la recherche de marchés ou encore l’accès au financement.

Pour Alidou Alassani, trésorier général de la CTOP, ces appuis ont contribué à faire évoluer certaines coopératives vers une logique d’entreprises collectives.

Il a notamment relevé l’importance des formations, du coaching de proximité, des foires commerciales, des rencontres avec des acheteurs et des institutions financières, ainsi que de la mise en place d’unités de transformation.

Plus de 4 300 hectares concernés par la restauration

Sur le volet environnemental, les interventions du mécanisme ont contribué à la gestion durable, à la protection et à la restauration de plus de 4 300 hectares de paysages.

Des formations ont porté sur l’agroécologie, l’agroforesterie, le reboisement, la production de compost, les biopesticides ou encore l’utilisation de foyers améliorés. Le programme a également soutenu la mise en place de pépinières et la production de plants destinés aux actions de restauration.

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Pour la CTOP, une dizaine de plans de résilience des OPFA ont été élaborés. Près de 400 jeunes ont également été formés dans des fermes-écoles sur les pratiques agroécologiques.

Cette dimension environnementale s’inscrit dans une approche qui cherche à concilier la préservation des ressources naturelles avec les besoins économiques des communautés rurales.

Le gouvernement insiste sur la capitalisation

À l’ouverture des travaux, le secrétaire général du ministère de l’Environnement, des Ressources forestières, de la Protection côtière et du Changement climatique, le colonel Dimizou Aoufoh, a insisté sur la nécessité de tirer des enseignements de cette expérience.

Représentant le ministre de tutelle, il a estimé que la gestion durable des forêts ne pouvait être envisagée uniquement sous l’angle de la conservation, mais devait également prendre en compte les moyens de subsistance des populations qui dépendent de ces ressources.

Pour lui, la rencontre de Lomé devait aller au-delà d’un simple bilan d’activités. Elle devait permettre d’identifier les acquis, les difficultés rencontrées et les solutions susceptibles d’améliorer une éventuelle prochaine intervention.

« Il ne s’agit pas simplement de dresser un bilan des activités réalisées mais surtout d’identifier les acquis, de tirer les enseignements des expériences vécues, de comprendre les difficultés rencontrées et de rechercher collectivement les solutions permettant d’améliorer la mise en œuvre d’une éventuelle troisième phase du programme », a-t-il déclaré.

Le financement et l’accès aux marchés restent des enjeux

Malgré les résultats enregistrés, les acteurs reconnaissent que plusieurs défis demeurent. La CTOP cite notamment l’accès durable aux marchés et au financement, la sécurisation des activités des coopératives et la poursuite des efforts de restauration des paysages.

Ces défis prennent une importance particulière au moment où s’achève la deuxième phase du FFF. Pour les organisations paysannes, l’enjeu n’est donc plus seulement de bénéficier d’un accompagnement ponctuel, mais de disposer de mécanismes leur permettant de poursuivre leurs activités dans la durée.

Photo d’ensemble des lauréats

La formalisation récente d’un centre national d’incubation et d’accompagnement des entreprises coopératives agricoles et forestières de la CTOP est présentée comme l’un des acquis susceptibles de contribuer à cette continuité.

La capitalisation pour garder une trace des expériences

Dans le prolongement des travaux de capitalisation conduits par le Centre d’Études et de Recherches sur les Organisations, la Communication et l’Éducation (CEROCE) de l’Université de Lomé, les participants ont également suivi une présentation consacrée aux résultats de l’appel à candidatures pour les capsules vidéo.

Cette initiative, portée par la Coordination togolaise des organisations paysannes et de producteurs agricoles (CTOP) avec le financement de la FAO, visait à mettre en lumière les expériences les plus inspirantes développées par les OPFA dans le cadre du FFF.

À travers ces capsules, il s’agissait notamment de donner davantage de visibilité aux initiatives conduites sur le terrain et de montrer, au-delà des statistiques, les changements apportés par les différents appuis aux organisations de producteurs.

Remise des prix aux meilleurs

Ce temps de valorisation a été marqué par la remise des prix aux dix meilleures OPFA, distinguées pour leur engagement et les efforts consentis pour mieux faire connaître leurs actions et leurs résultats sur le terrain.

Cette démarche de capitalisation vient ainsi compléter la restitution des résultats du programme, en mettant en avant les expériences susceptibles d’être partagées, reproduites ou adaptées dans d’autres communautés.

Vers une éventuelle troisième phase ?

La question de l’avenir du FFF au Togo a naturellement occupé une place importante dans les échanges. Toutefois, aucune troisième phase n’a été annoncée comme acquise. Les travaux de Lomé ont plutôt servi à identifier les enseignements et les priorités qui pourraient alimenter une éventuelle poursuite du mécanisme.

Pour Dr Djiwa Oyetounde, l’objectif est désormais de transformer les résultats enregistrés en décisions utiles, notamment à travers la validation d’une synthèse nationale, la documentation des bonnes pratiques et la formulation de recommandations opérationnelles.

La CTOP, de son côté, souhaite que les expériences des organisations bénéficiaires soient pleinement prises en compte dans la définition des prochaines orientations.

Au terme de sept années d’intervention, le FFF laisse ainsi derrière lui des organisations davantage structurées, des initiatives économiques renforcées et plusieurs hectares de paysages engagés dans des démarches de restauration ou de gestion durable. Mais l’enjeu de l’après-2026 reste entier : assurer la continuité des initiatives, renforcer l’autonomie économique des OPFA et maintenir la dynamique de restauration des paysages au-delà des financements du programme.

Marc Yaovi Essowè GNAZOU (+22896141648)

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