Que se passe-t-il à l’USP de Lébé ? Certificat de décès, congé prolongé…le major Agbotro au cœur des interrogations
Suite aux informations selon lesquelles le responsable de l’unité de soins périphériques (USP) de Lébé aurait refusé de délivrer un certificat de décès au mari d’une femme décédée des suites de soins reçus dans ce centre, dans la préfecture de Zio, nous avons voulu en savoir plus. En plus d’une situation relative à la préposée à la pharmacie qui serait mise en congé de façon illégale par le major Agbotro Koudjo, infirmier d’Etat.
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Il y a quelques mois, un homme a perdu et la grossesse de sa femme, puis la femme gestante quelques jours plus tard. A en croire les dires de celui-ci, les soins prodigués à la défunte femme n’étaient pas des plus diligentes. Il nous a été rapporté que même les suggestions du père du mari pour qu’un stéthoscope soit utilisé pour ausculter le ventre et s’assurer de l’état de santé du fœtus auraient été négligées par la sage-femme.
Et dans de pareils cas, ce qui devrait arriver, arriva. Rentrée à la maison, la femme a fini par accoucher d’un mort-né. Premier niveau de déception.
Dans les jours qui suivirent, l’état de santé de la femme déclina ; de nouveau, ils se rendirent à l’USP pour des soins. On leur prescrivit des produits. Sauf que peu de temps après, la femme rendit aussi l’âme à la maison dans les heures qui suivirent.
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Le mari se rendit alors à l’USP dans un état de dépression pour se faire délivrer un certificat de décès. Et la lenteur et l’attitude des uns aidant, des mots fusèrent tant de la part du mari que du major de l’USP, M. Agbotro Koudjo. Et par la suite, celui-ci décida de ne plus délivrer le document.
Un centre de santé est-il tenu de délivrer un certificat de décès lorsqu’à la suite de soins prodigués à une patiente par des agents dudit centre, celle-ci décède dans la foulée à domicile ?
Pour nous situer, nous nous sommes rendus à l’USP de Lébé le mois dernier. Le major Agbotro Koudjo nous a reçus.
Selon les explications du major, le décès était survenu hors de l’USP. « Est-ce que sa femme est décédée ici ? La femme n’est pas décédée à l’hôpital, mais à la maison. Et si certificat devrait lui être délivré, ça devrait être un arrangement. Il n’avait pas à venir embêter les gens ici, surtout qu’il n’a pas honoré tous les frais de médicaments prescrits à sa femme ».
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Mais quand nous avons demandé ailleurs ce qu’il restait à payer pour solder les comptes, on nous a fait comprendre que le mari s’était acquitté de tous les frais.
Désireux de savoir ce qu’il en était pour la préposée à la pharmacie, le major ne nous a plus laissé de temps pour poser d’autres questions. « Il y a les voies légales pour obtenir ces informations », nous a-t-il répondu avant de nous demander de quitter le bureau au motif qu’il a d’autres choses à faire.
Nous avons appris que la préposée à la pharmacie et qui a été également formée en soins infirmiers, a été mise en congé par l’infirmier-major après trois ans d’activité. Mais depuis février 2026, il n’a toujours pas fait reprendre le travail à la jeune dame. Les informations font état d’une susceptibilité débordante chez le major.
Au retour de congé d’une autre agente de santé, le major avait décidé que la préposée à la pharmacie, recrutée par le Comité de gestion (COGES), prenne également deux semaines de congé.
Le 2 février 2026, le major a informé la dame que, sur instructions du Directeur préfectoral de santé (DPS) de Tsévié, elle devrait prendre un mois de congé. Bizarrement, à la question de savoir si elle devra reprendre automatiquement le travail le 2 mars 2026, le major lui signifie que non ; elle devra attendre son signal. Curieux dans une administration. Le pire est qu’aucun document administratif n’a été produit par le major pour se conformer aux textes en vigueur dans le pays. Même le chef du village de Lébé a été informé de cette situation de non droit.
Lorsqu’à l’expiration du congé, la dame le joignit pour savoir la position à adopter, le major lui répondit que, pour avoir travaillé pendant trois ans d’affilé, elle devra jouir de trois mois de congé. Même les membres du Comité villageois de développement (CVD) ont été informés.
Armée de patience, la jeune dame patienta jusqu’à la fin des trois mois. Mais lorsqu’elle osa rappeler le major pour savoir la conduite à tenir, celui-ci lui aurait sorti des histoires comme quoi, elle le vilipenderait dans le village comme celui qui fait main basse sur les recettes de l’USP.
Cependant, des bruits auraient couru dans le marché du village que ce serait suite à un acte de vol que la jeune dame aurait été renvoyée de l’USP. Reste à savoir qui a distillé cette information.
Nous avons cherché à obtenir la version des faits en nous rendant dans le village pour rencontrer le major Agbotro Koudjo. Mal nous en prit. Pour avoir écouté une émission sur une radio où une partie du sujet a été abordée le mois dernier, l’homme était monté sur ses ergots, refusant au final de répondre à nos interrogations et nous référant à sa hiérarchie.
Le chef du village et le DPS de Tsévié doivent se prononcer sur la chienlit qui pousse à l’USP de Lébé et déterminer ce qui se passe réellement dans ce centre de soins.
Source : Liberté parution N⁰4118