Tensions au Port de Lomé : vers un bras de fer entre transitaires et importateurs de véhicules ?
Réunis en assemblée générale sur la plateforme portuaire de Lomé, un collectif de quatre syndicats de transitaires a dénoncé des pratiques qu’il estime préjudiciables à la profession. Les organisations pointent notamment des importateurs de véhicules d’origine libanaise, accusés de retirer des dossiers à des transitaires régulièrement mandatés par leurs clients. Elles réclament l’intervention des autorités portuaires et menacent de suspendre leurs activités si aucune solution n’est trouvée d’ici au 15 août 2026.
Le climat se tend dans le secteur du transit des véhicules au Port autonome de Lomé. En assemblée générale tenue le mercredi 22 juillet 2026 sur la plateforme portuaire, un collectif composé du SYNATRAM TOGO, du SYLITRANSTO, du SYLIDDOT et du SAT TOGO a exprimé son mécontentement face à plusieurs difficultés qui fragilisent l’activité des transitaires.
À LIRE AUSSI : Incendie tragique derrière la station T-OIL à Kodjoviakopé : une fillette tuée, plusieurs enfants grièvement brûlés
Deux principales préoccupations ont dominé les échanges : le retrait de dossiers de transit par certains importateurs au profit de transitaires de leur choix, ainsi que les différends liés aux frais d’échange des connaissements, aux formalités Interpol et aux prolongations des DR7.

Selon les responsables syndicaux, certains importateurs imposeraient désormais leurs propres transitaires aux clients, alors que ces derniers avaient déjà confié leurs démarches à d’autres professionnels.

« Nous avons constaté depuis près d’un an un comportement de certains de nos partenaires, notamment des importateurs libanais, qui retirent les dossiers aux transitaires alors même que ceux-ci ont accompagné les clients jusqu’à eux. Ces dossiers sont ensuite confiés à un autre transitaire de leur choix. Ce genre de pratique risque de détériorer le climat de confiance qui existe entre nous et peut créer d’autres tensions », a déclaré Tona Sodji Komi, secrétaire général adjoint du SYLITRANSTO.
Le responsable syndical affirme qu’un incident récent impliquant Fadi Rayes, présenté comme président de l’association des importateurs libanais, aurait ravivé les tensions au sein de la profession.
Des charges jugées injustement transférées aux transitaires
Les syndicats dénoncent également la gestion des frais liés aux échanges de connaissements, aux formalités Interpol et aux prolongations des DR7. D’après eux, ces dépenses devraient être assumées par les importateurs, mais elles seraient régulièrement reportées sur les transitaires, avec des conséquences sur le coût global des opérations.

« Nous avons proposé une grille tarifaire afin que ces frais soient pris en charge par les importateurs. Cela permettrait de réduire le coût du transit, de rendre notre port plus compétitif face à la concurrence régionale et d’attirer davantage de clients. Tout le monde y gagnerait : les importateurs, les transitaires et le pays. Malheureusement, cette proposition peine à être appliquée », a expliqué Tona Sodji Komi.
Dans le même sens, Mathias Adekpoe, secrétaire chargé des revendications dans la filière des véhicules au SYLITRANSTO, estime que ces pratiques pénalisent fortement les transitaires.

Selon lui, certains clients arrivent avec leur propre transitaire, mais sont ensuite orientés vers un autre professionnel recommandé par les importateurs. Il déplore également que certaines formalités administratives ne soient pas accomplies en amont par les importateurs, obligeant les transitaires à supporter des coûts supplémentaires et à gérer des situations parfois complexes, notamment lorsque des vérifications révèlent des irrégularités sur certains véhicules.
Un mémorandum annoncé, une cessation d’activités envisagée
À l’issue de l’assemblée générale, le collectif syndical a décidé d’adresser un mémorandum au directeur général du Port autonome de Lomé, Edem Kokou Tengué, afin de solliciter son implication dans la recherche d’une solution concertée entre les différentes parties.
Les syndicats souhaitent l’ouverture d’un dialogue avec les importateurs concernés afin d’apaiser les tensions et de préserver le bon fonctionnement des activités portuaires.
À défaut d’une réponse jugée satisfaisante, les transitaires préviennent qu’ils pourraient observer une cessation de travail à partir du 15 août 2026. En attendant, les responsables syndicaux invitent leurs membres à rester mobilisés dans l’attente des suites qui seront réservées à leur démarche.
Marc Yaovi Essowè GNAZOU (+22896141648)