Opération de déguerpissement : Gerry Taama exprime sa colère et interpelle les autorités
L’opération de déguerpissement menée le long du littoral togolais continue de susciter des réactions. Parmi les voix qui s’élèvent pour critiquer la démarche, celle de l’ancien député Gerry Taama. Dans une publication, il dit ressentir une profonde colère face à la situation et dénonce notamment les conditions dans lesquelles certains occupants des plages ont été contraints de quitter les lieux.
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« Il y a des jours où j’en ai marre d’aimer le Togo », écrit Gerry Taama en ouverture de son message, traduisant son amertume face à une opération dont il redoute les conséquences sociales et économiques.
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Des occupants qu’il refuse de qualifier de hors-la-loi
Pour l’ancien parlementaire, les personnes installées le long des plages ne peuvent pas être présentées comme de simples occupants illégaux. Il soutient que plusieurs d’entre elles avaient obtenu des autorisations auprès des communes concernées, payaient des taxes municipales et, pour certaines entreprises, s’acquittaient également de leurs obligations fiscales.
Ces acteurs économiques, souligne-t-il, avaient investi d’importantes sommes d’argent dans leurs activités. Dans ces conditions, Gerry Taama estime qu’une solution fondée sur la relocalisation et l’indemnisation aurait été plus appropriée.
« Je le répète : ce ne sont pas des hors-la-loi », insiste-t-il, appelant ainsi à prendre en compte les investissements réalisés et la situation des personnes concernées.
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Le précédent des déguerpissements le long des routes
Gerry Taama établit également un parallèle avec une précédente opération de déguerpissement menée le long des principales voies du pays. Selon lui, cette expérience n’aurait pas produit les résultats escomptés sur le long terme.
Il estime notamment que des jeunes avaient vu leurs activités commerciales fortement perturbées après le retrait des conteneurs et autres installations installés aux abords des routes.
Pour les plages, l’ancien député redoute des conséquences encore plus importantes. Il évoque notamment un possible accroissement de la criminalité, de l’insalubrité et de la défécation à l’air libre si aucune solution alternative n’est mise en place.
La responsabilité des maires de l’opposition pointée du doigt
Autre sujet de mécontentement pour Gerry Taama est l’attitude des maires issus de l’opposition. Il regrette leur absence, selon lui, d’une opposition suffisamment forte face à l’opération.
L’ancien député cite notamment Jean-Pierre Fabre, maire du Golfe 4, dont il aurait souhaité voir une opposition physique et politique aux opérations de déguerpissement.
Cette position traduit, selon lui, un sentiment plus large d’abandon chez une partie de la population face aux décisions publiques.
« Nous sommes seuls, impuissants et démotivés »
Au-delà de la question du littoral, Gerry Taama livre une réflexion plus générale sur le rapport des citoyens togolais à leur pays et aux difficultés auxquelles ils sont confrontés.
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Il dit voir des Togolais « comme des orphelins, de père et de mère », sans interlocuteur pour défendre leurs intérêts ou partager leurs souffrances. Une formule forte qui traduit son sentiment d’impuissance face à la situation.
Malgré cette colère, l’ancien député termine son message sur une note de résistance et d’espoir. Il appelle ses compatriotes à ne pas baisser les bras face aux difficultés.
« Quand la situation devient dure, seuls les durs avancent. Soyons durs et avançons. Ne jamais baisser les bras », écrit-il, avant de conclure par une formule latine : « Sursum corda », qui signifie « Haut les cœurs ».
Son intervention vient ainsi ajouter une nouvelle voix au débat sur le déguerpissement le long du littoral, alors que la question continue de susciter des interrogations sur le sort des personnes concernées, leur accompagnement et l’avenir des espaces libérés.
Marc Le Sucré GNAZOU (+22896141648)